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Cet article fait suite à des échanges de mails passionnés avec un confrére photographe de mariage qui regrette que les jeunes photographe ont tendance à fournir les fichiers JPG en même temps que les tirages.

Pourquoi vendre les photos en libre de droits (pour une utilisation familiale) plutôt, que vendre exclusivement des tirages à l'unité ?

1. Le média utilisé pour regarder des images a changé.

Les écrans d'ordinateur, iPhone, iPad et autre périphériques ont énormément progressé. Même s'ils ne rivalisent pas encore avec la qualité d'un tirage sur papier photo, les utilisateurs ont déjà fait évoluer leurs habitudes et visionnent plus souvent mon travail sur un écran (qui sont malheureusement souvent mal calibré). Je lutte tout de même contre la mort du support papier en refusant les économies de bout de chandelles des clients qui souhaitent se passer complètement des tirages.

2. Je n'ai pas envie de vendre mes photos le soir-même.

Je me refuse au marathon qui m'obligerait à bâcler mes retouches (toutes mes images sont retouché), mon rôle est de couvrir toute la journée et je ne veux pas risquer de louper des instants magiques. De plus, tirer des images qui ne seraient pas achetées, n'est pas très éco-friendly.

3. C'est sécurisant pour le client de posséder les fichiers.

Le monde a changé et la durée de vie des ateliers photo comme des petites entreprises est bien plus courte qu'il y a trente ans. Rien ne garantit à votre client que votre activité existera encore quand lui ses enfants ou ses petit enfants auront besoin de retirages. Néamoins, je conserve les négatifs pour le cas ou un client se retrouverait confronté à un disque dur endommagé ou la fin de vie d'un CDR.

4. Le photographe professionnel n'a plus l'exclusivité des photographies

Le photographe a un rôle social, il est là pour fixer des instants pour la mémoire familiale. Or depuis la démocratisation des appareils photos tous les foyers possèdent au moins un appareil capable d'enregistrer des images (reflex amateur ou semi pro, compact au pire un iphone ou un simple téléphone avec fonction "photo"). Certes les images de ces appareils sont souvent de piètre qualité, mais elles remplissent leur rôle de souvenirs. Le photographe professionnel n'est plus le seul à immortaliser l'événement. Néanmoins, il se démarque par une approche artistique et une cohérence dans son reportage.

Le photographe qui vends des photos dès la fin de la cérémonie se met en concurrence immédiate avec les membres de la famille et amis qui ont sans doute pris des photos similaires. Certes son travail est meilleur mais sont-ils prèts à débourser sept euros pour une photo qu'ils retrouveront probablement sur Facebook ? (la photo du photographe scannée ou pire rephotographiée).
Je ne souhaite pas être en compétition avec les familles et amis, mais plutôt les conseiller pour réussir leurs images. Je les informe en même temps qu'ils retrouveront mes images gratuitement sur internet, ce qui les incite à profiter de la journée en me laissant le soin de fixer leurs souvenirs.

5. C'est un vecteur de ma communication

En diffusant mon travail sur internet à destination des familles et amis je perds certainement les ventes de tirages supplémentaires mais cette perte est amplement compensée par des économies sur les frais marketing. Chaque invité qui vient voir mon travail mémorise mon nom et l'adresse de mon site et me contactera quand il aura besoin de photographies.

6. C'est techniquement possible... si l'on travaille en numérique

  • En photographie argentique le travail du photographe de mariage comprend le développement des négatifs puis le tirage et donc l'interprétation du négatif. Ce travail de chimiste fait partie du travail artistique. Lors de chaque tirage le photographe choisit le type de traitement. Si le photographe livrait le négatif au client, celui-ci se risquerait à voir son film confié à un laboratoire pouvant dénaturer le résultat "photo" voulu par le photographe. La conservation d'un négatif dans des conditions optimales est bien meilleure dans l'armoire d'un professionnel que dans une boîte à chaussures au fond d'un grenier. Toutes ces raisons font que le photographe est le propriétaire du négatif et le client le propriétaire du tirage.
  • En photographie numérique la conversion négatif (le RAW) vers le tirage (l'image jpg) est défini- - tive, le client peut donc faire tirer (imprimer) autant de fois qu'il le souhaite le fichier JPG en respectant la vision du photographe. Il n'y a pas de dégradation dans le temps du fichier numérique, bien que le support numérique (disque dur, CD, clé USB), ait une durée de vie.

Pour conclure
Pour toutes ces raisons, je ne travaille qu'au forfait. J'évite la surprise aux mariés du coût de leur reportage et j'assure mes arrières en sachant exactement ce que me rapporte chaque prestation. Cela me permet aussi de compartimenter mon travail, la partie commerciale en amont (qui n'est pas vraiment ma tasse de thé) et après je peux me consacrer exclusivement à la partie artistique.

Je reste toutefois à la disposition des couples moins technophiles qui souhaitent recevoir directement un grand nombre de tirages ou d'albums et qui sont rassurés de savoir que les versions RAW et JPG de leurs photos serons conservées sur des supports sécurisé (disque en RAID).